FAQ — Ingénierie MCR & GTB

Les questions que l'on nous pose le plus souvent, avec des réponses directes — sans jargon inutile.

Comprendre la MCR et la GTB

Qu'est-ce que la MCR (Mesure, Commande, Régulation) ?

La MCR regroupe l'ensemble des équipements et automatismes qui mesurent, commandent et régulent les installations techniques d'un bâtiment (chauffage, ventilation, climatisation, sanitaire). Elle assure le bon fonctionnement, le confort et la performance énergétique des installations CVC. Selon les régions et les documents, les mêmes prestations apparaissent sous les sigles MSR (Suisse alémanique) ou I&C (documents anglophones).

Quelle est la différence entre la MCR et la GTB ?

La MCR agit au niveau des installations : capteurs, actionneurs et régulateurs qui pilotent chaque équipement. La GTB (Gestion Technique du Bâtiment) centralise, visualise et coordonne l'ensemble de ces installations depuis un poste unique. La MCR est le terrain, la GTB est le chef d'orchestre. Les cahiers des charges romands parlent aussi de GTC (gestion technique centralisée) ou de GTE (gestion technique de l'énergie) ; en allemand de GLT ou GA, en anglais de BMS ou BAS — il s'agit du même périmètre, décrit sur notre page supervision et intégration GTB.

Qu'est-ce que le protocole BACnet et pourquoi est-il important ?

BACnet est un protocole de communication ouvert et normalisé (ISO 16484-5) dédié à l'automation du bâtiment. Il permet aux équipements de différents fabricants de communiquer entre eux : interopérabilité garantie, pas de dépendance à un fournisseur unique, évolution facilitée. Notre référentiel d'objets BACnet détaille les fonctions attendues pour chaque type d'installation.

Un équipement annoncé « compatible BACnet » est-il forcément interopérable ?

Non. « Compatible BACnet » ne dit rien de ce qui est réellement implémenté. Ce qui engage un fournisseur, c'est son PICS — le document qui déclare les objets et services supportés —, sa certification BTL qui vérifie ces déclarations de manière indépendante, et les BIBBs exigés dans le cahier des charges. Un document de soumission qui demande simplement « BACnet » ouvre la porte à des équipements qui dialoguent mal, ou pas du tout, avec la supervision. Nous exigeons systématiquement le PICS, la certification BTL et le fichier EDE de la liste de points.

BACnet, KNX, Modbus, M-Bus, OPC UA : faut-il imposer un protocole unique ?

Non, et c'est rarement souhaitable. Chaque protocole a son terrain : BACnet pour l'automation CVC et la supervision, KNX pour l'éclairage et les stores, Modbus et M-Bus pour les compteurs et les équipements de production, OPC UA pour les échanges avec l'informatique d'exploitation. Ce qui compte, c'est que chaque protocole soit ouvert et documenté, et que les passerelles entre eux soient définies dès la conception — pas improvisées à la mise en service. Ces limites de fourniture se fixent dans le cahier des charges, au moment de la conception.

Que fait exactement une supervision GTB, et que ne fait-elle pas ?

Elle affiche, alarme, historise et paramètre — elle ne régule pas. La régulation s'exécute dans les automates et les régulateurs locaux, et elle doit continuer de fonctionner serveur éteint. La supervision est la couche au-dessus : synoptiques, acquittement des alarmes, courbes et historisation, horaires et calendriers, consignes, gestion des utilisateurs, rapports, accès distant. Cette frontière doit être écrite dans le cahier des charges : sinon un soumissionnaire chiffre une supervision qui affiche, un autre une supervision qui pilote des séquences, et les deux offres deviennent incomparables. Nous détaillons ce partage dans notre article sur la mise en soumission d'une supervision.

Travailler avec Workswell

Quels services propose Workswell ?

Workswell couvre tout le cycle d'un projet MCR/GTB, en six domaines : audit et conseil énergétique, conception et planification avec rédaction des appels d'offres, supervision et intégration (BACnet, KNX, Modbus, M-Bus, OPC UA), mise en service et suivi de réalisation, cybersécurité GTB selon la CEI 62443 et assistance au maître d'ouvrage (BAMO).

Qu'est-ce qu'un BAMO et en quoi diffère-t-il d'un mandat d'ingénieur classique ?

Le BAMO — Bureau d'Assistance au Maître d'Ouvrage, désigné « AMO » dans la plupart des appels d'offres publics — ne conçoit pas l'installation : il représente vos intérêts face à ceux qui la conçoivent et la réalisent. Cadrage du besoin, planning et jalons de décision, coordination des architectes, des ingénieurs CVC et électricité, des entreprises et de l'exploitant, analyse des variantes et comparaison des offres, contrôle des coûts et des plus-values, jusqu'à la réception et la garantie. Vous gardez la décision, nous portons la charge technique : voir notre page BAMO.

À quel moment d'un projet faut-il impliquer un ingénieur MCR ?

Le plus tôt possible, idéalement dès les études préliminaires et l'avant-projet (phases 2 et 3 de la SIA 112). Une MCR cadrée en fin de parcours, ce sont des points de mesure oubliés, des régulations qui ne dialoguent pas et des découvertes à la mise en service. Une demi-journée d'atelier en avant-projet coûte moins cher que trois semaines de reprises avant la réception. Sur un bâtiment existant, le bon point de départ est un audit MCR.

Intervenez-vous sur des installations conçues ou programmées par d'autres ?

Oui, et c'est fréquent. Nous réalisons des réceptions techniques seules sur des installations conçues par des tiers — l'intégrateur qui a programmé une installation ne peut pas être son propre contrôleur. Nous reprenons également des supervisions vieillissantes, fédérons des parcs hétérogènes sur une supervision unique, et auditons l'existant avant toute décision de rénovation.

Réalisez-vous des retrofits d'automates existants ?

Oui. Nous accompagnons le remplacement d'automates obsolètes (SAIA-Burgess et autres marques) de l'avant-projet jusqu'à la mise en service, en assurant la direction des travaux. Nous reprenons l'existant, garantissons sa conformité aux directives KBOB et maintenons la continuité d'exploitation du bâtiment pendant toute la durée du chantier.

Comment vos honoraires sont-ils établis ?

Sur la base d'un périmètre cadré par écrit, au forfait ou au temps passé selon la nature du mandat, en référence au règlement SIA 108 pour les prestations d'ingénieur. Vous recevez une offre détaillée avant tout engagement, distinguant les prestations incluses de celles qui restent en option. Un premier échange de trente minutes suffit en général à cerner le besoin et l'ordre de grandeur.

Workswell est-il indépendant des fabricants ?

Oui. Workswell est un bureau d'ingénieurs indépendant, sans lien commercial avec un fabricant ni avec un intégrateur. Cela garantit des solutions neutres, choisies uniquement dans l'intérêt du client et de la performance de l'installation.

Dans quelle région Workswell intervient-il ?

Workswell est basé à Sion et intervient principalement en Valais et dans toute la Suisse romande.

Normes, marchés publics et cybersécurité

Vos prestations sont-elles conformes aux normes SIA et directives KBOB ?

Oui. Les études et réalisations de Workswell respectent les normes SIA en vigueur ainsi que les directives KBOB et SBAT applicables aux marchés publics et aux bâtiments performants.

Qu'est-ce que la recommandation KBOB BACnet et qui doit l'appliquer ?

La KBOB — Conférence de coordination des services de la construction et des immeubles des maîtres d'ouvrage publics — publie une recommandation sur l'usage de BACnet dans les bâtiments : nomenclature des objets, structure d'adressage, listes de points, documentation à livrer. Elle fait référence pour les bâtiments des maîtres d'ouvrage publics et se retrouve de plus en plus dans les cahiers des charges privés, parce qu'elle rend une installation comparable, contrôlable et reprenable par un autre intégrateur. Notre générateur d'adresses et notre référentiel d'objets BACnet en découlent directement.

Que changent la CEI 62443 et le Cyber Resilience Act pour ma GTB ?

La CEI 62443 structure la cybersécurité des systèmes d'automation industriels et du bâtiment : segmentation des réseaux OT et IT, authentification des équipements, journalisation des accès, gestion des mises à jour. Le Cyber Resilience Act entre en application le 11 décembre 2027 : tout produit connecté mis sur le marché européen devra être conforme, avec des mises à jour de sécurité garanties au minimum cinq ans. Concrètement, les automates et passerelles choisis aujourd'hui doivent déjà l'anticiper, sous peine d'être réglementairement obsolètes avant la fin de leur vie technique. Voir notre page cybersécurité GTB.

Qui doit détenir le code source de mes automates ?

Le maître d'ouvrage. Sans le code source commenté, les fichiers de configuration et les outils permettant de les modifier, vous restez dépendant d'un seul prestataire pour la moindre évolution ou correction. Nos soumissions exigent systématiquement la remise du code source, des licences et de la documentation complète, afin que vous puissiez faire évoluer votre installation avec l'intégrateur de votre choix.

Peut-on citer une marque de supervision dans un cahier des charges ?

En marché public, non : la spécification doit être neutre sur le plan technologique, et une référence à un produit n'est admissible qu'à titre indicatif, accompagnée de la mention autorisant un équivalent. En marché privé, c'est permis — mais cela revient à renoncer volontairement à la mise en concurrence sur le poste le plus durable de l'installation. Le test est simple : retirez toute mention de marque du document et comptez les fournisseurs qui peuvent encore y répondre. C'est précisément le travail que nous menons en conception et rédaction des appels d'offres.

Comment rendre comparables des offres de supervision GTB ?

En imposant cinq choses dans la soumission : le modèle de licence exact et son titulaire, le PICS du poste de supervision avec la liste des services réellement mis en œuvre, les données d'ingénierie livrables à la réception (fichier projet natif, table de correspondance des points, projet ETS sans mot de passe), les conditions d'accès en lecture à la base d'historisation, et le niveau de droits remis à l'exploitant sur l'outil d'ingénierie. Il faut ensuite imposer la structure du bordereau et un scénario de référence commun — nombre de points, postes clients, utilisateurs, horizon de calcul — sans quoi des modèles de licence différents restent impossibles à additionner. Formulations opposables et structure de bordereau dans notre article sur la soumission d'une supervision.

Outils et accès

Quels outils mettez-vous à disposition gratuitement ?

Deux outils publics, issus de nos propres mandats et utilisables sans inscription : le générateur d'adresses KBOB, qui construit l'arborescence et la désignation des installations selon la directive d'adressage Workswell v1.1.0 — adresse limitée à 16 caractères ASCII —, et le référentiel d'objets BACnet, qui liste les fonctions de domotique et les objets attendus selon la recommandation v2.0.0. Ils servent à rédiger un cahier des charges comme à contrôler ce qui est livré.

À quoi sert l'espace client et comment y accéder ?

L'espace client donne accès aux documents de votre projet : rapports, listes de points, dossiers de réception, documentation d'exploitation. L'accès est nominatif et cloisonné — chaque client ne voit que ses propres documents. Les identifiants vous sont transmis par nos soins ; en cas de problème de connexion, écrivez à info@workswell.ch.

Comment demander un devis ou un conseil ?

Par téléphone au +41 27 326 60 00, par e-mail à info@workswell.ch ou via le formulaire de contact. Nous étudions votre besoin et vous proposons une approche adaptée à votre projet — un premier échange n'engage à rien.

Glossaire MCR, GTB & BACnet

Les sigles qui reviennent le plus souvent dans les cahiers des charges, les documents de soumission et les dossiers de réception.

SigleSignification
AMO / BAMOassistance au maître d'ouvrage : mandat de représentation technique du propriétaire
BACnetprotocole de communication ouvert et normalisé (ISO 16484-5) pour la GTB
BIBBsbriques de fonctions qu'un équipement peut implémenter (client A / serveur B)
BTLBACnet Testing Laboratories : certification indépendante qui vérifie les déclarations du PICS
CEI 62443norme de cybersécurité des systèmes d'automation industriels et du bâtiment (IEC 62443)
COVChange of Value : notification BACnet émise dès qu'une valeur change, au lieu d'une lecture cyclique
CRACyber Resilience Act : règlement européen applicable dès le 11 décembre 2027 aux produits connectés
CVCchauffage, ventilation, climatisation (HVAC en anglais, HLK en allemand)
EDEEngineering Data Exchange : fichier tabulaire d'échange de la liste de points BACnet
GTBGestion Technique du Bâtiment (GLT en allemand, BMS en anglais)
GTCgestion technique centralisée : synonyme de GTB dans les cahiers des charges romands
GTEgestion technique de l'énergie : volet comptage et suivi énergétique de la GTB
KBOBConférence de coordination des services de la construction et des immeubles des maîtres d'ouvrage publics
KNXprotocole standardisé pour l'éclairage, les stores et le confort des locaux
M-Busprotocole de relevé des compteurs d'énergie, en filaire ou en radio
MCRMesure, Commande, Régulation (MSR en allemand, I&C en anglais)
Modbusprotocole série et IP très répandu sur les équipements de production
MS/TPliaison série RS-485, par opposition à BACnet/IP
OPC UAprotocole d'échange sécurisé entre l'automation et l'informatique d'exploitation
OTtechnologies d'exploitation — automates et réseaux techniques, par opposition à l'IT bureautique
PICSdocument décrivant ce qu'un équipement supporte réellement en BACnet
RCPregroupement de consommateurs propres : partage local de la production photovoltaïque
SIASociété suisse des ingénieurs et des architectes, éditrice des normes et règlements de prestations
UTAunité de traitement d'air, ou monobloc de ventilation
VAVVariable Air Volume : régulation par débit d'air variable, du clapet terminal au monobloc

Un projet, une rénovation ou une question ?

Un premier échange suffit en général à cerner le potentiel et le périmètre du mandat.